Tout a démarré à partir d’un échange, avec ce jour-là un JB un peu mystérieux, m’avouant qu’il avait une histoire qui trottait sous sa dense chevelure (et derrière son épaisse barbe) depuis quelques temps. Je le soupçonne d’ailleurs d’avoir peut-être déjà commencé à l’écrire lorsqu’il m’en a parlé. Il me confia un peu timidement que ce pourrait être une idée de film…

Et puis, lors de l’un de nos nombreux échanges sur Messenger, je reçois un jour ce superbe texte : « ADN » … Un cri d’alarme, une vision « électrochoc » de ce qui nous attend, portée par une écriture à laquelle je m’identifie pleinement. JB avait visé juste, faisant vibrer ma corde sensible.

Alors imbibé par cette histoire, j’ai commencé à imaginer la mise en image et deux idées directrices me vinrent très rapidement à l’esprit : d’abord traiter le film en noir et blanc parce que l’esthétisme et la sobriété colleraient bien à l’ambiance du récit tout en jouant sur la métaphore d’un temps passé. Ensuite faire un film court, un film coup de poing porté par une musique courte et dépouillée.

 

Après un travail commun sur cette partie créative, avec notamment la sollicitation de l’acteur principal qui a prêté sans rechigner sa belle gueule burinée -Pierre Portmann, l’un des membres très actif de l’organisation du Rise en France- j’ai modestement joué « l’ouvrier » en filmant d’abord. Le renfort en guidage de Steeve Colin permit à Pierre d’assurer quelques poissons pour la caméra. Ensuite la partie montage s’est superposée à la création d’une musique originale par le touche à tout JB…

Ce premier projet s’est ensuite affiné avec un réenregistrement du musicien puis avec la dernière touche : trouver la voix de narration finale. Après plusieurs idées avortées, j’ai d’abord imaginé une note féminine pour apporter plus de conviction et plus de force. Puis, je me suis dit qu’une voix jeune et enfantine serait également un parfait support du triste constat et de la sentence annoncée comme si la naïveté de l’enfance s’effaçait brutalement devant l’immensité du gâchis, donnant encore plus de force au message. Je n’eus pas à aller chercher trop loin. Ma fille Jade se prêta au jeu et après deux prises (de son, pas des truites), on s’est dit que l’on avait ce qu’on souhaitait.

Tout comme JB, je n’avais alors aucune idée de la manière dont pouvait être reçu ce film plus proche d’un film d’art et d’essai d’un pays de l’Est que d’un film de pêche… Les spectateurs du Rise Festival 2020 nous ont surpris : qui sait ? Peut-être avons-nous construit un beau film.

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