La passion est un vecteur de partages et de rencontres. Février 2018, salon de la pêche à la mouche de Saint-Etienne : je tenais le stand du Rise Festival.

Au milieu de nombreuses rencontres et retrouvailles, une demande originale se démarqua. Bernard Galliano, que je ne connaissais alors que de nom, puisqu’il soutenait depuis plusieurs années le Festival, se présenta, inspirant une bonhomie rassurante. D’une façon très convaincante, il me parla de l’idée de faire un film chez lui et son frère Bastien. « Tu verras, les Hautes-Alpes méritent un film ! » insista-t-il…

Au fond de moi, j’étais plutôt surpris et flatté de la demande parce que mon activité de cinéaste reste amateur et que d’une manière générale, l’autodidacte n’a jamais la certitude de ses forces, se sentant toujours plus ou moins dans l’imposture. Je répondis à Bernard que je n’avais aucun doute sur le cadre grandiose que pouvait offrir les vallées et les sommets des Hautes-Alpes mais qu’il fallait avant tout trouver une histoire. Je ne suis pas un adepte des films commerciaux. L’objectif n’était pas de mettre en avant leur activité professionnelle mais le fait que Bernard et Bastien, deux frères, soient tous les deux moniteurs-guides de pêche me mit sur la piste.

Nous nous quittâmes avec la proposition que tous les deux m’envoient un petit document biographique sur leur parcours respectif.

L’idée se dessina à la lecture de leur chemin de vie. Je me mis à l’écriture à mon tour avec un thème général autour de la transmission : transmission « horizontale » de par leur métier et transmission « verticale » puisque le virus de la pêche a été inoculé par leur père et est aujourd’hui en train de contaminer Nathan, le fils de Bernard.

Le texte, validé avec enthousiasme par les deux frangins, me servit alors de trame pour imaginer les scènes à filmer : mon story-board était en place et je poussais même la préparation à une sélection musicale qui donnerait la puissance aux images. Rendez-vous était pris début Juillet pour quatre jours de tournage dans le Haut Queyras et le Massif des Ecrins.

Quatre jours pour réunir les images d’un film de 12 minutes peut paraître aisé pour le béotien. Mais en quatre jours, je crois n’avoir dormi que l’équivalent d’une petite nuit. Entre les soirées tardives de ce début d’été où l’accueil et la convivialité de mes hôtes, de leur famille et de leurs amis se traduisait obligatoirement par de douces boissons et les matins de montagnards où l’on doit se lever bien avant le soleil pour crapahuter vers les lacs d’altitude et trouver la bonne lumière ou prendre un lever de soleil en Time-Lapse, l’organisme fut mis à rude épreuve. Et, c’est bien connu, l’épreuve soude. Bernard et Bastien m’ont livré leurs meilleurs coins et leur amitié, Jean Luc Bourgogne qui jouait le rôle de client dans le film nous a offert une incroyable hospitalité. Tout s’est construit dans la simplicité de rapports humains sains et entiers, tout s’est forgé autour d’une même passion et d’une même vision de la rivière, tout s’est assemblé sous la bienveillance de la majesté montagnarde.

Aujourd’hui, après la diffusion sur les écrans de la tournée du Rise Festival, je suis heureux de pouvoir partager ce même résultat avec la possibilité de télécharger et visionner « Transmission » librement.

Bon film !